Aller à la pêche au saumon

Aller à la pêche au saumon de l’Atlantique sur une rivière m’apporte un émerveillement et un ressourcement complet. Rien de mieux pour tout oublier, prendre du recul, faire le vide. Depuis que je vis à Gaspé durant la saison de pêche, c’est très simple d’organiser une journée avec Salmo Salar sur une des trois rivières, puisque le Québec est «déclubé».

Du moment que je prend mon sac et ma canne à moucher dans la véhicule et que je fais les premiers pas sur le sentier menant à la fosse, je ressent un bonheur immense et une complicité avec tous les autres pêcheurs. Je parcours le sentier, et j’aime bien qu’il soit long. J’hume la forêt, je suis ravie de la mousse et des fleurs qui le bordent, je guette l’orignal. La minute d’après, le son de la rivière m’atteint, j’ai hâte de la voir. Mon «boddy de pêche», c’est mon chum de mari. D’ailleurs on s’est connu à la pêche!

Arrivés sur la rive, on concocte un plan bien simple, chacun choisi sa première mouche et c’est parti. La réalité se limite à la rivière, à croire en chaque lancer, à observer le voyage de la mouche dans l’eau et les manifestations de la présence d’un saumon preneur. Le temps n’existe pas.

Pendant les pauses, les changements de mouche, de bas de ligne ou l’application d’insecticide contre les brûlots, il y a d’autres ravissements: la couleur de la rivière, la lumière, la loutre.

De retour à la maison, le soir, fatiguée, contente, courbaturée, j’ai passé une autre journée inoubliable et j’en suis reconnaissante. Je sais que ce que j’ai vu, senti, ressenti, influence mon art.

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